Alan Boileau bisse, à la pédale

 

Boileau bisse, à la pédale !

 

Plein de sang-froid et sur un nuage après sa victoire de la veille, Alan Boileau a remis ça sur la 3e étape du Tour du Rwanda, au profil montagneux. Pour un souffle et en débordant l'échappé solitaire à quelques mètres de la ligne d'arrivée, le jeune Morlaisien (21 ans) a remporté son deuxième succès professionnel en deux jours.
 

C'est l'histoire du coureur à qui, soudain, tout sourit. Invité de dernière minute au Tour du Rwanda en remplacement de son coéquipier Maxime Chevalier, Alan Boileau ne s'appartient (presque) plus. Travailleur infatigable sur la première étape dimanche, vainqueur en force, lundi, de sa première course professionnelle, il a doublé la mise ce mardi, en confiance et sans complexe.
 
« Hier, j'ai senti que j'étais bien mais quand même pas à ce point, reconnaît celui qui a laissé éclater sa joie en franchissant la ligne, les deux bras brandis dans le ciel avec vigueur. Hier, il y avait une dimension tactique qui avait totalement disparu aujourd'hui, tant le parcours était exigeant. Dès le pied du col Hors Catégorie situé à 40 km de l'arrivée, des gars lâchaient prise et je me sentais bien. J'ai compris qu'il y avait un nouveau coup à jouer. »
 
Dans cette montée où Cyril Gautier, échappé depuis près de 100 km, rendit les armes, la force physique primait sur toute considération stratégique. Un groupe d'une vingtaine de coureurs se détachait et les accélérations se multipliaient derrière l'homme de tête. Côté Glaz, Alan et son compagnon de chambrée Quentin Pacher se relayaient pour accompagner les nombreux mouvements. « Puis la Pive (Jonathan Hivert) est rentré de l'arrière dans le final et a pris de longs relais pour revenir sur l'homme de tête. Il a même trouvé le punch pour sortir en contre-attaque à 3 km de l'arrivée. On a cru qu'il rentrerait mais il a buté et nous sommes revenus sur lui à 300 mètres de l'arrivée. »

 

 

Là, sur les sommets de Gicumbi, au nord du pays, le jeune néo-professionnel incrédule avait laissé place à un coureur sûr de sa force, libéré après son succès de la veille. Et c'est plein d'assurance qu'il lançait son sprint à 250 mètres de la ligne. « Le coureur échappé depuis une trentaine de kilomètres était à portée de fusil mais je ne pensais pas gagner. Cela attaquait de partout, j'étais en 6-7e position et je me suis dit « c'est maintenant ou jamais ». Autant aller au bout de l'effort... » Et quel effort !

 

« C'est un truc de fou... Aujourd'hui, cela s'est joué à la pédale, à l'usure, sur la force physique. C'est encore plus savoureux qu'hier car l'étape était folle. A mon retour à l'hôtel hier, j'ai été surpris par tous les messages d'encouragement et de félicitations reçus sur mon téléphone. J'étais heureux mais cela m'a pris un peu de jus. J'ai néanmoins réussi à dormir correctement à la veille de cette grosse journée. Ce matin, le réveil a sonné à 5h30. »

 

Maillot distinctif de vainqueur d'étape sur le dos comme aujourd'hui, il s'élancera ce mercredi pour une nouvelle journée en haute montagne. « Je ne sais plus trop quoi penser, confie le Morlaisien. Gagner deux fois de suite, cela donne une confiance incroyable. Aujourd'hui, je me suis senti fort, libéré. Quentin est 3e du classement général et il faut garder cela en tête. On doit jouer avec ça. Personnellement, je risque d'avoir la pancarte et vais devoir gérer cela. Je n'ai jamais vécu une telle situation. Franchement, j'adore le Rwanda. Aujourd'hui, il n'y avait pas un mètre de plat et c'est tout ce que j'aime. »

 

Arrivé en Afrique sur la pointe des pieds, au service de ses leaders, le jeune Finistérien vit une semaine qui pourrait s'avérer décisive dans sa carrière. La tête dans les étoiles et les pieds sur terre.

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